Maison(s) Marius et Jeannette

Finaliste PRIX APERCUS 2026 du CAUE de Loire Atlantique

Finaliste PRIX MAISONS A VIVRE 2026 du magazine A VIVRE

Une série de transformations passées et à venir

A l’origine (début XXe), un simple atelier sur la rue principale de Préfailles. Ceint d’un épais mur en pierre, sa grande porte s’ouvre sur l’espace public.

Années 30, l’atelier est surélevé d’un logement dont les tuiles plates losangées et saillies de toit lui confèrent l’esprit des villas balnéaire à la mode. Durant l’occupation, réfugié à Préfailles, le peintre Paul Messac utilise l’atelier.

Années 80, l’atelier fait long-feu et l’ensemble se transforme en logement. La porte du garage est sommairement « rebouchée » et le mur en pierre enrobé d’une peinture plastique.

Aujourd’hui, années 2025, le cycle de vie continue. L’attractivité du pays de Retz augmente, pour la villégiature mais aussi pour y vivre et travailler. La maison à caractère balnéaire entame une nouvelle mutation qui concilie, dans une même architecture, logement et activité en toute indépendance d’usage.

Demain, années 2050, l’ensemble mixte évoluera sûrement vers un autre scénario d’usage. Cette inéluctable adaptabilité fonctionnelle est désormais anticipée par la flexibilité du projet.

Marius et Jeannette, deux maisons « faussement » jumelles qui renouvellent la rue

Parmi les alternatives à l’étalement urbain, la réhabilitation et la densification de l’emprise urbaine sont les meilleures recettes. Ici le projet fait coup double. Il transforme le bâti et optimise le foncier par extension latérale, inscrivant dans un seul ensemble un logement T3, une surface d’activité à RDC et un garage-buanderie.

Pour la rénovation, l’atelier reprend de la lumière et des vues sur l’extérieur. Il retrouve son contact avec la rue par sa grande porte originelle qui devient la vitrine de l’activité. En façade, les matériaux peu qualitatifs sont déposés et remplacés par des volets et vitrine bois, fenêtres aluminium, garde-corps métal. En soubassement, le micaschiste est travaillé à pierre-vue et jointoyé à la chaux. L’isolation intérieure biosourcée favorise le déphasage de température pour un confort été-hiver optimal.

L’extension prolonge l’alignement de l’existant sur la rue. A travers un volume simple et plus bas que l’existant, l’extension se connecte par un retrait pour mieux dissocier les architectures. Les bardeaux en tuiles de châtaigniers sont les marqueurs de la greffe. Ils apportent sensibilité et vibration à la façade, en accord avec l’éclectisme des différentes maisons de la rue. Construction décarbonée en ossatures bois et isolants biosourcés, l’extension est couverte de zinc naturel pour mieux intégrer visuellement de futurs panneaux photovoltaïques.

Le logement se déploie à l’étage, pour partie dans l’extension (jour) et pour l’autre partie dans l’existant au-dessus de l’agence (nuit). Son entrée est conçue tel un Ma japonais 間, un seuil où l’on dépose ses attributs extérieurs, un espace de transition traduit par deux directions (le jardin, l’étage). De là, chaque marche d’escalier nous éloigne de la rue…

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Le photographe François DANTART est venu à Préfailles pour une série de prises de vues remarquables de Marius et Jeannette !

François Dantart -photographe d’architecture

Les enjeux fixés sont à la fois simples et complexes :

  • À l’échelle du Pays de Retz, participer à rénover un cadre bâti existant souvent atteint d’obsolescence énergétique et fonctionnelle et permettre un nouveau cycle d’usage,
  • Proposer une esthétique architecturale contemporaine aux antipodes des catalogues des constructeurs de maisons individuelles qui inondent littéralement la région.

La maison(s) Marius et Jeannette est le prototype des ambitions des architectes de l’Atelier Maine Océan :

  • Un existant situé au cœur du bourg,
  • Un potentiel inné pour conjuguer dans une imbrication fonctionnelle, activité et habitation permanente,
  • Une vitrine idéale pour exemplifier tout le potentiel de « transformation des situations construites » et ce, jusqu’à son esthétique biosourcée.

En résumé, dans un dialogue permanent entre ambition, impact financier et « justesse » du signe architectural, la commande est donc portée par un double souhait :

  • Projeter un ensemble évolutif, réunissant dans un premier temps un logement locatif (T3) et une activité libérale,
  • Transformer le déjà-construit, lui adjoindre une extension sur un sol déjà imperméabilisé, le tout avec des entreprises locales et par une mise en œuvre biosourcée.

Entre école et commerces, entre mairie et bibliothèque, la situation en centre-bourg offre de fait des déplacements doux. En conséquence le garage est dimensionné pour une petite voiture électrique ou des vélos, avec le souci d’aller « dans le sens de l’histoire ».

La pérennité du bâtiment est assurée à la fois par la qualité des matériaux et par la mixité et l’évolutivité des usages.

  • Qualité des matériaux ; la mise en œuvre de produits biosourcés, à la fois pour la rénovation du bâtiment historique en pierre que pour l’extension, est un gage de confort pour les occupants, été comme hiver.
  • Mixité des usages ; l’adresse est vivante à tout moment, l’activité professionnelle diurne est relayée par la vie domestique, et vice-versa. Il en va de même pour l’usage du jardin, ainsi que celui du garage, mis en commun pour un usage mutualisé.
  • Evolutivité ; afin de garantir une occupation des lieux à long terme même si l’activité vient à décliner, la partition fonctionnelle est flexible. La surface dédiée aujourd’hui à un exercice professionnel peut à l’avenir se transformer en studio sans travaux, ou bien être rattachée au logement pour lui offrir une pièce en plus par simple ouverture de la paroi « fusible » installée dès la conception.

L’ensemble de ces actions vise à lutter contre l’obsolescence du bâti, l’assurance de « coller » tant à l’évolution de la société qu’à celle des enjeux climatiques.

Dans la réalité d’une planète Terre dont les ressources ne sont pas illimitées, construire avec un minimum d’impact nécessite d’utiliser les leviers suivants :

  • Le sol (réduction de l’empreinte artificielle, valorisation de sa pleine terre et de sa perméabilité),
  • La biophilie (densification végétale),
  • L’énergie (performance de l’enveloppe bâtie et conception bioclimatique),
  • Les ressources (transformation du bâti, utilisation de matériaux recyclés, bio ou géosourcés, récupération locale de l’eau, emploi de systèmes nécessitant le moins possible d’énergie grise lors de leur production).

La maison(s) Marius et Jeannette épouse cette démarche adaptative de transformation de l’existant à travers les postes suivants :

Structure : réutilisation du déjà-construit, restauré voire consolidé, et utilisation pour l’extension d’un maximum de matériaux décarbonés. 

  • Existant : la structure porteuse est curée et perforée en quelques endroits pour favoriser la lumière naturelle et le lien avec l’extension ; l’élévation RDC en pierres est révélée et refaçonnée à la chaux pour sa respiration ; le plancher bois est consolidé et traité contre les insectes ; la panne faîtière est soulagée par une ferme bois à mi portée.
  • Extension : elle sollicite une mixité de matériaux ; garage et buanderie : en raison de son adossement partiel contre terre, l’élévation du volume est en briques alvéolaires auto-isolantes ; à l’étage : séjour-cuisine dont l’élévation est en mur à ossature bois, plancher et charpente en bois.

Enveloppe : installation d’une isolation très performante et propice au déphasage de température pour un confort été-hiver optimal ; captation des apports de lumière tempérés de protections solaires.

  • Existant : à RDC, le mur en pierre est doublé d’isolant chanvre pour sa qualité hygroscopique (R=3,5 m²K/W) ; à l’étage, le mur en parpaings pleins est doublé de laine de verre avec liant végétal (R=4,4 m²K/W) ; la toiture est isolée par des fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=9 m²K/W).
  • Extension : à RDC, la brique alvéolaire est remplie de laine de roche (R=2 m²K/W) et protégée avant le bardage d’un pare-pluie en laine de bois (R=1,9 m²K/W) ; à l’étage le MOB est rempli de fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=3,8 m²K/W) et protégé avant le bardage d’un pare-pluie en laine de bois (R=2,8 m²K/W) ; la toiture est isolée par des fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=9m²K/W).

Energie :  conforté par la performance de l’enveloppe, le choix est fait du tout électrique avec possibilité d’implanter ultérieurement des panneaux photovoltaïques sur le rampant sud de l’extension.

  • Aucune technique de pointe onéreuse à l’achat et sans réel gage de pérennité (pas de ballon thermodynamique ni de pompe à chaleur) mais un simple ballon eau chaude sanitaire pour le logement, des radiateurs électriques à inertie (fonte) et des planchers chauffants à RDC sur les parties habitables.
  • Pour l’atelier :  le luxe d’un poêle bois qui permet avec 2 bûches de 30cm de maintenir à 20°C l’espace de travail sur une journée hivernale ainsi qu’un brasseur d’air installé en plafond, particulièrement agréable en été.

Eau : installation d’une cuve de récupération des eaux pluviales issues des toitures, enfouie dans le jardin transformé, pour palier à la nécessité d’arroser les plantes en période de surchauffe estivale ; sa capacité de 1 500 litres permettra l’arrosage du petit havre vert. 

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Les étapes du chantier

Fin de chantier avec l’aménagement du jardin par « Les Jardins d’Olivier » paysagiste installé à Saint-Brévin, plantation d’un olivier notamment en face de notre porte-fenêtre de l’agence…

Pose des garde-corps et escalier par AMFS, Mikaël Fouré ! avec du travail de couture pour la maille inox… (AMFS Mikael Fouré – Artisan Métallier Ferronnier Serrurier)

Réalisation des agencements et menuiserie bois par l’entreprise La Menuiserie du Pays de Retz (La Menuiserie du Pays de Retz | Facebook) et mise en peinture par l’entreprise préfaillaise BOJU (Boju peinture décoration | revêtement – ravalement – Pornic – Préfailles)

L’entreprise LEDUC-ISOPLATRE en action pour l’isolation des murs et plafonds, les cloisons, et la chape sèche sur le plancher de la partie rénovation. Celle-ci, composée de pouzzolane, laine de bois et plaques de fibres-gypse croisées assurera l’acoustique entre le logement et l’agence d’architecture au-dessous… pose à suivre, après les bandes sur les plaques de plâtre.

Octobre 2025 : Le chantier de l’aménagement intérieur est lancé !

Les toitures sont en cours d’isolation : le matériau utilisé est biosourcé et recyclé, à base de fibres végétales coton + lin + jute, pour un confort d’été maximal (excellent déphasage) et confort d’hiver géré par un haut pouvoir isolant des 2 couches croisées (200mm et 180mm), protégées par une membrane pare vapeur :

Le volume d’extension est bardé, la porte de garage également, l’ensemble en bois de châtaigner brut de sciage, destiné à griser dans le temps et à adopter à terme une belle couleur argentée :

Reconstruction du mur de pierre :

mur à pierre vue

Fin de pose du bardage en tuiles de bois (appelées bardeaux, ou encore tavaillons) :

Préparation de la structure destinée à recevoir le bardage :

Décembre 2024 : Le volume de l’extension est dessiné, la couverture en zinc naturel à joint debout est posée

Préfailles 44, 12 rue de la mairie, Atelier Maine Océan
travail de charpente, 12 rue de la mairie, préfailles

Septembre 2024 : Aménagement du rez-de-chaussée terminé. Tout reste à faire autour… mais l’agence peut s’installer

Les menuisiers d’IDEAL MODERNE parachèvent les agencements de l’agence (design ATELIER MAINE OCEAN)

Réalisation de l’enduit à pierre vue par Fernando PEREIRA

Le soubassement de pierre retrouvé (micaschiste local)

Février 2024 : Le chantier commence par quelques démolitions et frangements :

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Images 3D : Atelier Maine Océan + Julien DENIS

Extrait affiche du film de Robert Guédiguian

LocalisationPréfailles (44)
ProgrammeTransformation par rénovation lourde et extension d’une maison de bourg
SurfacesExistant rénové : 62 m² dont 30 m² à RDC pour l’activité
Extension latérale : 38 m² + garage/buanderie 17 m²
Maître d’ouvragePrivé
ArchitecteAtelier Maine Océan
LivraisonChantier livré
EntreprisesChantier aménagement intérieur :
Leduc-Isoplâtre (cloisons, doublages, plafonds, chape sèche), Electricité Préfaillaise (électricité, VMC), Boju (peinture), AMFS Mickaël Fourré (escalier métallique, signalétique), Civel (plomberie et carrelage), La Menuiserie du Pays de Retz Antoine Angiolini (agencements, parquet, menuiserie bois), Les Sens du Menuisier (escalier bois), AMFS Mickaël Fourré (escalier extérieur)

Chantier clos-couvert + aménagement agence :
Civel (entreprise générale clos-couvert), Electricité Préfaillaise (électricité), Boju (peinture), Pereira Enduits (mur à pierre-vue), AMFS Mickaël Fourré (serrurerie et métallerie), Idéalmoderne (ébénisterie)
Crédit photographique ©François Dantart et ©Atelier Maine Océan

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